Allô Papa
Une boîte qui garde la voix d'un père, pour que ses enfants l'entendent encore après
Le contexte
Un client est venu avec une idée qui n'est pas une idée d'application : une boîte posée dans un salon, dans laquelle un père enregistre ses réponses à deux cents questions. Ses enfants posent la question à voix haute, la boîte répond avec sa voix. Y compris, et c'est tout le propos, quand il ne sera plus là. Ce genre de projet n'admet pas les approximations techniques : si la boîte ne répond pas, le moment est gâché, et il ne se rejoue pas.
Mon approche
J'ai d'abord construit le programme qui écoute et qui répond, sur un Raspberry Pi, entièrement hors-ligne. Puis, pour la deuxième version, l'atelier : une page qui s'ouvre sur l'ordinateur du client, sans rien installer, où il écrit ses questions, enregistre sa voix, se réécoute, recommence quand l'intonation ne lui plaît pas, et exporte le tout dans un fichier unique qui sert aussi de sauvegarde. Le cadrage a compté autant que le code : trois décisions prises pendant un appel ont retiré la moitié du risque technique.
Ce que j'en retire
La première version est livrée, recettée et payée. La deuxième, qui comprend l'atelier de création des deux cents questions et la refonte de la boîte, est vendue et en cours. Le projet reste privé, donc il n'y a pas de lien à montrer, mais c'est celui qui m'a le plus appris sur une chose : la bonne question à poser à un client n'est pas comment le faire, c'est ce qu'on peut supprimer.


Sous le capot
Comment c'est construit
Tout se passe dans la boîte
Aucune connexion internet, aucun compte, aucun serveur. La reconnaissance vocale tourne sur la machine elle-même. Sur un objet qui contient la voix d'un parent disparu, envoyer quoi que ce soit dans un nuage n'était pas une option acceptable.
Pas d'écran, donc pas d'interface
Celui qui reçoit la boîte n'a rien à configurer et rien à apprendre : il parle, la boîte répond. Toute la complexité est déplacée du côté de celui qui prépare les questions, sur son ordinateur.
La boîte ne s'allume jamais seule
Pas de veille, pas de micro qui écoute en permanence. C'est l'enfant qui l'allume. Ce choix, pris pendant le cadrage, a retiré d'un coup la question la plus difficile à justifier auprès des familles.
L'anniversaire déclenché à la voix
Le message spécial se déclenche en le disant, pas à une date. Plus besoin d'horloge matérielle, ni de réseau, ni de réglage chez celui qui reçoit la boîte : c'est la simplification qui a rendu tout le reste tenable.
Machine
Programme
Atelier